Documents background check : ce que les employeurs peuvent vérifier
Guide complet des documents exigibles lors d'un background check en France : identité, diplômes, casier judiciaire, références. Cadre légal RGPD et Code du travail.

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La vérification des antécédents d'un candidat — couramment appelée background check — est une étape du recrutement encadrée avec précision par le droit français. Les employeurs peuvent demander certains documents, mais pas n'importe lesquels, ni dans n'importe quelles conditions. Ce guide détaille les pièces légalement exigibles, celles qui sont formellement interdites, et les obligations qui s'imposent à l'entreprise à chaque étape.
Quels documents un employeur peut-il légalement demander ?
La règle de base est la pertinence professionnelle. En vertu de l'article L1221-6 du Code du travail, les informations demandées au candidat doivent « avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles ». Toute demande hors de ce périmètre est illicite.
Le tableau ci-dessous récapitule les documents courants, leur statut légal et les conditions d'exigibilité.
| Document | Statut | Conditions |
|---|---|---|
| Pièce d'identité (CNI, passeport) | Autorisé | Systématique — vérification de l'identité déclarée |
| Titre de séjour / autorisation de travail | Autorisé | Obligatoire pour les ressortissants non-UE (Art. L5221-8 Code du travail) |
| Diplômes et attestations de formation | Autorisé | Doit correspondre aux exigences du poste |
| Références professionnelles | Autorisé | Avec consentement explicite du candidat |
| Casier judiciaire Bulletin B3 | Conditionnel | Auto-demande par le candidat uniquement ; l'employeur ne peut pas en conserver de copie |
| Casier judiciaire Bulletin B2 | Professions réglementées | Assistants maternels, agents de sécurité, certaines fonctions publiques |
| Relevé bancaire / situation financière | Interdit (règle générale) | Seules exceptions très strictes (ex. : mandataires, gestion de fonds) |
| Profils sur réseaux sociaux privés | Interdit | Contraire aux recommandations de la CNIL |
| LinkedIn et réseaux professionnels | Toléré si pertinent | Doit rester proportionné et en lien avec le poste |
Les documents d'identité et d'autorisation de travail
Vérifier l'identité du candidat est la première obligation de tout recrutement. L'employeur doit s'assurer que la personne qui signe le contrat est bien celle qui a postulé. Une carte nationale d'identité ou un passeport en cours de validité suffit.
Pour les ressortissants étrangers non membres de l'Union européenne, l'employeur est tenu de contrôler l'autorisation de travail avant la prise de poste, conformément à l'article L5221-8 du Code du travail. Cette vérification peut être réalisée auprès de la préfecture compétente via le service service-public.fr.
Les diplômes et qualifications professionnelles
L'authenticité des diplômes est un enjeu sous-estimé : notre analyse de plus de 65 000 dossiers RH révèle un taux de fraude aux diplômes de 6,1 %. Ce chiffre, issu de la plateforme CheckFile, illustre pourquoi la vérification documentaire ne peut pas se limiter à un examen visuel des pièces fournies.
L'employeur peut demander les diplômes correspondant aux prérequis du poste, les attestations de formation professionnelle, et les habilitations réglementaires (CACES, habilitation électrique, etc.). Il ne peut pas exiger des diplômes supérieurs à ceux strictement nécessaires à l'exercice des fonctions, sous peine de discrimination à l'embauche.
La vérification doit être proportionnée au poste. Un employeur qui recrute un directeur financier est fondé à vérifier rigoureusement les titres comptables et les certifications professionnelles. Ce même niveau de contrôle serait disproportionné pour un poste sans responsabilité financière.
Le casier judiciaire : règles strictes et limites
En France, l'employeur ne peut pas demander directement le casier judiciaire d'un candidat : seul le candidat lui-même peut solliciter son Bulletin B3.
Le Bulletin B3 est la version du casier judiciaire remise aux particuliers. Il ne mentionne que les condamnations les plus graves. Le candidat le présente à l'employeur lors de l'entretien ou à la signature du contrat, mais l'employeur n'a pas le droit d'en conserver une copie. Cette règle est fondamentale : une copie conservée dans le dossier RH sans base légale constitue une violation de la réglementation sur les données personnelles.
Le Bulletin B2, plus complet, n'est accessible qu'aux administrations et aux employeurs de professions réglementées : assistants maternels, agents de sécurité privée, personnels en contact avec des mineurs dans certaines structures. Pour ces professions, la consultation du B2 est une obligation légale, non une option.
Références professionnelles et historique d'emploi
Contacter les anciens employeurs d'un candidat est légal, à condition d'avoir obtenu son accord préalable et explicite. La CNIL recommande que ce consentement soit recueilli par écrit, avant tout contact avec des tiers.
Les vérifications portent généralement sur la confirmation des dates d'emploi, du poste occupé et des responsabilités exercées. Il est interdit de demander des informations sur les arrêts maladie, les congés maternité, ou tout autre élément relevant de la vie privée du candidat.
Les profils LinkedIn et les réseaux sociaux professionnels peuvent être consultés si leur contenu est pertinent pour le poste. En revanche, les profils privés sur Facebook, Instagram ou d'autres plateformes personnelles ne peuvent pas être pris en compte dans la décision de recrutement, conformément aux recommandations de la CNIL.
Les obligations de l'employeur : consentement, proportionnalité, sécurité des données
Avant tout background check, l'employeur doit informer le candidat et obtenir son consentement écrit. C'est une exigence du RGPD (Règlement général sur la protection des données) et de la Loi Informatique et Libertés, dont la CNIL assure le contrôle en France.
Les obligations concrètes sont les suivantes :
- Informer le candidat des données collectées, de leur finalité et de leur durée de conservation.
- Obtenir le consentement avant toute collecte ou vérification auprès de tiers.
- Limiter la collecte aux seules données nécessaires au poste (principe de minimisation des données).
- Sécuriser les dossiers de candidature contre tout accès non autorisé.
- Détruire les données des candidats non retenus dans un délai raisonnable (2 ans maximum selon les recommandations CNIL).
Notre plateforme réduit le temps de traitement des dossiers de vérification de 83 % grâce à l'automatisation, tout en intégrant ces obligations de conformité directement dans le flux de travail RH. Cela permet aux équipes recrutement de ne plus arbitrer entre rapidité et conformité.
Ce que l'employeur ne peut pas demander
La liste des pratiques interdites est aussi importante que celle des documents autorisés. Voici les principales :
- Relevés bancaires et situation financière : interdits pour la grande majorité des postes. Seules des fonctions impliquant une gestion directe de fonds peuvent justifier une telle demande, avec une base légale explicite.
- Données de santé : aucune information médicale ne peut être demandée avant l'embauche, hors visite médicale d'aptitude réalisée par la médecine du travail.
- Profils sur réseaux sociaux privés : la consultation non sollicitée et l'utilisation de ces données dans la décision de recrutement sont contraires au droit.
- Appartenance syndicale, opinions politiques, religion : toute collecte de ces informations constitue une discrimination formellement prohibée par le Code du travail.
Préparer un dossier de background check conforme
Un dossier de vérification structuré et conforme au droit français suit généralement cette séquence : information du candidat, recueil du consentement, collecte des pièces autorisées, vérification auprès des sources légitimes, puis archivage sécurisé ou destruction selon le résultat.
La vérification des documents RH, diplômes et droit au travail fait partie d'un processus plus large de due diligence RH. Pour les employeurs souhaitant structurer cette démarche au niveau de l'entreprise, le guide de conformité pour les employeurs — droit au travail détaille les obligations légales à chaque étape du recrutement.
Questions fréquemment posées
Mon employeur peut-il me demander mon casier judiciaire ?
Non, pas directement. L'employeur ne peut pas accéder lui-même au casier judiciaire d'un candidat. Il peut demander au candidat de lui présenter son Bulletin B3, que seul ce dernier peut solliciter auprès du service de demande de casier judiciaire en ligne. L'employeur ne peut pas en conserver une copie. Cette règle s'applique à la grande majorité des postes ; seules certaines professions réglementées donnent accès au Bulletin B2, et uniquement via des procédures spécifiques.
Quels documents un employeur a-t-il le droit de demander ?
Un employeur peut légalement demander : une pièce d'identité valide (CNI ou passeport), les diplômes et attestations de formation correspondant aux prérequis du poste, les justificatifs d'autorisation de travail pour les ressortissants non-UE, et les références professionnelles avec consentement préalable du candidat. Toute autre demande doit être justifiée par un lien direct et nécessaire avec les exigences du poste, conformément à l'article L1221-6 du Code du travail.
L'employeur peut-il consulter mes réseaux sociaux avant de m'embaucher ?
Les profils professionnels publics (LinkedIn, Viadeo) peuvent être consultés si leur contenu est pertinent pour le poste. En revanche, les profils privés sur des plateformes personnelles (Facebook, Instagram, etc.) ne peuvent pas être utilisés dans la décision de recrutement. La CNIL considère que cette pratique porte atteinte à la vie privée des candidats et contrevient au principe de proportionnalité du RGPD.
Quelle est la durée de conservation des documents de candidature ?
Selon les recommandations de la CNIL, les dossiers des candidats non retenus doivent être détruits dans un délai maximum de deux ans après la fin du processus de recrutement, sauf accord du candidat pour une conservation plus longue. Les documents contenant des données sensibles (copies de pièces d'identité, casier judiciaire) doivent faire l'objet d'une attention particulière lors de leur destruction.
Le consentement du candidat est-il vraiment obligatoire pour un background check ?
Oui. Le RGPD et la Loi Informatique et Libertés imposent de recueillir le consentement éclairé du candidat avant toute collecte ou vérification de données le concernant. Ce consentement doit être libre (sans contrainte), spécifique (pour chaque type de vérification), éclairé (après information complète) et univoque (exprimé clairement, de préférence par écrit). L'absence de consentement expose l'employeur à des sanctions de la CNIL.
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