Skip to content
Cas clientTarifsSécuritéComparatifBlog

Europe

Americas

Oceania

Industrie14 min de lecture

Fausse attestation assurance décennale : la détecter

Fausse attestation d'assurance décennale d'un artisan : signaux d'alerte, vérification ORIAS et ACPR, risques pour l'acheteur, le promoteur et le notaire.

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
Illustration for Fausse attestation assurance décennale : la détecter — Industrie

Résumer cet article avec

Une fausse attestation d'assurance décennale se détecte en croisant trois sources indépendantes du document lui-même : le registre ORIAS si un courtier l'a émise, le registre des agents financiers et des organismes d'assurance de l'ACPR pour confirmer l'agrément de la compagnie mentionnée, et un appel direct à l'assureur via des coordonnées retrouvées de façon autonome — jamais celles imprimées sur le PDF reçu. Une attestation authentique reprend un modèle à mentions minimales fixé par arrêté ministériel ; l'absence ou l'incohérence d'un seul champ, en particulier le numéro de police ou l'adresse exacte du chantier couvert, doit suspendre la signature ou le démarrage des travaux jusqu'à vérification.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou réglementaire.

Ce sujet est distinct de la fausse attestation de responsabilité civile professionnelle déjà traitée dans notre article sur la fraude aux attestations RC pro chez les fournisseurs : la RC pro couvre les dommages causés à un tiers pendant l'exécution d'une prestation, tandis que la garantie décennale couvre, pendant dix ans après réception, les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. C'est précisément cette durée de dix ans, et le nombre d'acteurs qui s'appuient sur le même document au fil du temps — maître d'ouvrage, promoteur, notaire lors d'une revente, acquéreur — qui rend la fraude à l'attestation décennale particulièrement coûteuse quand elle n'est découverte qu'au moment du sinistre.

Qu'est-ce qu'une fausse attestation d'assurance décennale

Une fausse attestation décennale est un document qui imite la présentation d'un certificat d'assurance authentique mais qui ne correspond à aucune couverture réellement active à la date des travaux, soit parce qu'il a été fabriqué de toutes pièces, soit parce qu'un document réel a été modifié après émission. L'article L241-1 du Code des assurances impose à tout constructeur susceptible de voir sa responsabilité décennale engagée au titre des articles 1792 et suivants du Code civil de souscrire une assurance couvrant ce risque avant l'ouverture du chantier, selon le texte consolidé publié sur Légifrance. Un second texte concerne un acteur différent : l'article L242-1 impose au maître d'ouvrage lui-même, ou à son mandataire, de souscrire une assurance dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier, garantissant le préfinancement des réparations sans recherche préalable de responsabilité, selon Légifrance. Les deux obligations sont complémentaires mais ne protègent pas les mêmes personnes, ce qui explique pourquoi un acheteur peut se retrouver sans recours si le vendeur n'a souscrit ni l'une ni l'autre — ou a produit un faux pour l'une des deux.

Pourquoi un artisan ou une entreprise produit un faux document

Trois situations concrètes reviennent le plus souvent dans les dossiers signalés par les professionnels du secteur. La première : l'entreprise a été résiliée par son assureur après un ou plusieurs sinistres et n'a pas retrouvé de nouveau contrat, un refus de renouvellement de plus en plus fréquent pour les artisans ayant un historique de sinistralité chargé. La deuxième : l'entreprise n'a jamais souscrit de garantie décennale, considérant à tort ce risque comme secondaire face à la pression des devis et des délais de chantier. La troisième, plus organisée, correspond au schéma parfois appelé « auto-liquidation » : une société du BTP est dissoute peu après la survenance d'un sinistre ou d'une mise en cause, avant qu'une nouvelle structure reprenne l'activité sous un autre nom, sans transférer la couverture décennale — l'attestation présentée aux nouveaux clients réutilise alors l'identité visuelle d'un ancien contrat ou d'un assureur qui n'a jamais couvert la nouvelle entité.

Le risque ne se limite pas aux artisans peu scrupuleux : certains organismes qui proposent des contrats décennaux n'ont tout simplement pas le droit d'exercer en France. En octobre 2025, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a mis en garde le public après avoir constaté que plusieurs professionnels du bâtiment avaient souscrit des contrats de responsabilité décennale auprès de l'association Coppam Assurances Solidaires, qui ne dispose d'aucun agrément délivré par l'ACPR et n'est donc pas autorisée à distribuer des contrats d'assurance, recommandant de ne tenir compte d'aucune attestation émise en son nom, selon le communiqué publié sur le site de l'ACPR. Un artisan de bonne foi peut ainsi détenir une attestation matériellement authentique, avec cachet et signature, tout en étant en réalité sans couverture opposable — le document n'est pas falsifié au sens strict, mais il ne vaut rien.

Comment le document est fabriqué ou modifié

Les fraudeurs partent rarement d'une page blanche : ils recyclent une attestation réelle obtenue lors d'un chantier antérieur, ou téléchargent un modèle circulant en ligne, puis modifient les champs qui les arrangent. Depuis le 1er juillet 2016, toute attestation d'assurance décennale doit respecter un modèle à mentions minimales fixé par arrêté, comprenant notamment l'identité complète de l'assuré, le numéro de police, l'identité de l'assureur, la période de validité et les activités couvertes, conformément à l'arrêté du 5 janvier 2016 publié au Journal officiel. Le champ le plus souvent falsifié reste la date de validité, prolongée au-delà de l'expiration réelle du contrat ; viennent ensuite l'adresse du chantier, ajoutée ou modifiée pour coller à un projet différent de celui pour lequel le document a été émis à l'origine, et le numéro de police, changé pour masquer une résiliation.

Sur un forum spécialisé dans les installations photovoltaïques, un particulier raconte avoir contacté directement l'assureur mentionné sur l'attestation remise par son installateur, pour apprendre que le contrat correspondant avait en réalité été résilié depuis 2021 — l'assureur lui a alors conseillé de changer de prestataire. Ce type de témoignage illustre un point simple mais souvent négligé : le document en lui-même, même bien imprimé et signé, ne prouve rien tant qu'il n'a pas été confronté à une source que le fraudeur ne contrôle pas.

Prêt à automatiser vos vérifications ?

Pilote gratuit sur vos propres documents. Résultats en 48 h.

Demander un pilote gratuit

Signaux d'alerte à vérifier avant d'accepter le document

Aucun signal isolé ne suffit à conclure à une fraude ; c'est la combinaison de plusieurs anomalies qui doit déclencher une vérification approfondie avant de signer un acte, d'accepter un dossier de sous-traitance ou de démarrer un chantier. Plusieurs centaines de faux contrats d'assurance décennale sont identifiés chaque année dans le secteur du bâtiment, une hausse marquée depuis 2022 attribuée à la fois à la crise économique du BTP et à la facilité de retouche numérique des PDF, selon les constats publiés par LP BTP — un rythme qui justifie de traiter la vérification comme un réflexe systématique plutôt que comme une exception réservée aux dossiers déjà suspects.

Élément attendu sur une attestation authentique Signal d'alerte à surveiller
Numéro de police cohérent, vérifiable auprès de l'assureur Numéro absent, illisible ou refusé par l'assureur au téléphone
Adresse exacte du chantier couvert par le contrat Adresse générique, absente ou ne correspondant pas au chantier réel
Activités couvertes correspondant au corps de métier exercé Activité déclarée trop large ou sans rapport avec la mission confiée
Période de validité englobant toute la durée prévisionnelle du chantier Dates de validité expirées, ou se terminant juste avant la réception
Cachet et coordonnées d'un assureur ou courtier identifiable Assureur introuvable sur le registre ACPR ou courtier absent d'ORIAS
Document redemandé et daté pour le chantier ou la transaction en cours Attestation ancienne recyclée, sans lien direct avec l'opération actuelle

Comment vérifier l'authenticité en pratique

La vérification fiable ne se limite jamais à une lecture visuelle du PDF : elle s'appuie sur des registres publics que le fraudeur ne peut pas manipuler. Tout courtier ou intermédiaire qui émet une attestation d'assurance doit être immatriculé au registre ORIAS en application de l'article L. 512-1 du Code des assurances, un registre consultable gratuitement et sans inscription en saisissant son numéro, sa raison sociale ou son SIREN sur orias.fr, qui indique le statut de l'intermédiaire et ses habilitations. Pour l'assureur porteur du risque, le registre unique des agents financiers et des organismes d'assurance tenu par l'ACPR permet de confirmer qu'une compagnie dispose bien d'un agrément pour exercer en France ; une entité absente de ce registre ne peut légalement distribuer aucun contrat d'assurance décennale sur le territoire.

Le SIRET de l'entreprise assurée mérite aussi d'être recoupé avec le répertoire SIRENE de l'INSEE, pour vérifier que la structure existe réellement et que son activité déclarée correspond au corps de métier mentionné sur l'attestation. Enfin, l'appel direct à l'assureur reste le contrôle le plus décisif en cas de doute persistant : en composant un numéro retrouvé sur le site officiel de la compagnie, jamais celui imprimé sur le document suspect, la plupart des assureurs confirment en quelques minutes si un contrat est actif pour l'entité et la période concernées. Notre approche s'appuie sur une couverture élevée grâce à l'analyse multi-couche (structurelle, métadonnées, cohérence inter-documents), appliquée aux attestations d'assurance décennale comme aux autres justificatifs, ce qui permet de prioriser les dossiers à recouper manuellement plutôt que de traiter chaque attestation de façon isolée.

Ce que risquent le notaire, le promoteur et l'acheteur

L'exposition ne s'arrête pas à l'artisan qui produit le faux : les intermédiaires qui l'acceptent sans vérification peuvent voir leur propre responsabilité engagée. Le notaire n'est tenu de vérifier l'existence des assurances obligatoires que s'il existe des éléments de nature à faire naître un doute, mais les juridictions ont déjà retenu la faute d'un notaire qui s'était contenté d'une photocopie tronquée et non signée d'une attestation de responsabilité décennale, sans procéder à aucune vérification supplémentaire avant de dresser l'acte de vente. Un promoteur qui intègre un sous-traitant à un chantier sur la base d'une attestation jamais recoupée s'expose au même risque en cascade si un désordre apparaît après la livraison. Et l'acquéreur qui découvre, plusieurs années après la vente, que l'attestation annexée à l'acte était fausse ou correspondait à un contrat déjà résilié se retrouve sans recours utile contre l'assureur mentionné — un cas de figure documenté dans plusieurs décisions concernant des ventes immobilières.

Un point mérite d'être connu avant de compter sur un filet de sécurité public : le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages n'intervient plus, depuis le 1er juillet 2018, en cas de défaillance d'un assureur de responsabilité décennale — sa compétence se limite désormais à l'assurance dommages-ouvrage souscrite par le maître d'ouvrage. Depuis cette date, un particulier confronté à la défaillance de l'assureur décennale de son constructeur ne peut donc pas se tourner vers ce fonds pour la garantie décennale elle-même, selon les précisions publiées par la Direction générale du Trésor. Autrement dit, une fausse attestation décennale — ou une attestation authentique émise par un assureur qui disparaît ensuite — laisse le maître d'ouvrage sans filet, contrairement à ce que beaucoup supposent par analogie avec la dommages-ouvrage.

Cadre pénal applicable

Produire ou transmettre une fausse attestation décennale relève de plusieurs qualifications cumulables selon les faits. Le défaut d'assurance décennale constitue à lui seul une infraction passible d'une amende pouvant atteindre 75 000 euros et d'une peine de six mois d'emprisonnement, selon les informations publiées par service-public.fr — une sanction qui s'applique indépendamment de la fabrication d'un faux document destiné à masquer cette absence de couverture. La fabrication ou la modification du document s'ajoute à cette première infraction sous la qualification de faux et usage de faux, prévue par l'article 441-1 du Code pénal, tandis que l'utilisation du faux pour obtenir la signature d'un marché peut être requalifiée en escroquerie au sens de l'article 313-1 du même code, une infraction plus lourdement sanctionnée. Ces qualifications concernent l'auteur du faux, mais elles n'effacent pas le préjudice du maître d'ouvrage ou de l'acquéreur, qui doit engager une action distincte pour obtenir réparation.

Ce que demandent les professionnels et particuliers sur les forums

Deux questions reviennent régulièrement dans les échanges entre particuliers et artisans, en dehors des supports institutionnels. La première : que faire quand l'attestation présentée porte bien un cachet et une signature, mais que l'assureur, une fois contacté, indique que le contrat a été résilié des années plus tôt — comme dans le témoignage relevé sur un forum consacré aux installations photovoltaïques. La réponse pratique reste la même dans tous les cas rapportés : suspendre la relation avec le prestataire tant qu'un contrat actif n'a pas été confirmé directement par l'assureur, et ne jamais se contenter d'une nouvelle version du document envoyée par l'artisan lui-même. La seconde question, plus fréquente chez les acheteurs immobiliers : peut-on encore agir si le désordre n'apparaît que huit ou neuf ans après la réception, une fois la fenêtre de dix ans presque écoulée. Le délai de dix ans court à compter de la réception des travaux et non de la découverte de la fraude, ce qui pousse de nombreux acheteurs à faire vérifier l'attestation dès la signature du compromis plutôt qu'à l'approche de l'échéance.

Automatiser le contrôle sur vos dossiers BTP et immobilier

Un contrôle manuel traite en général l'attestation décennale isolément, sans la recouper systématiquement avec le Kbis, le devis ou les autres pièces du dossier de chantier ou de transaction. Notre plateforme ajoute une couche additionnelle de signaux de génération IA déployée selon configuration client, en complément des contrôles structurels existants — les signaux de génération IA viennent enrichir, et non remplacer, la vérification sur les registres ORIAS et ACPR, qui reste incontournable pour confirmer qu'un contrat est réellement actif. La solution CheckFile pour le BTP et la construction applique cette logique aux dossiers de sous-traitance et d'appel d'offres, tandis que la solution dédiée à l'immobilier l'applique aux pièces jointes à une transaction ou à une revente. Pour les promoteurs qui gèrent des dizaines de sous-traitants sur un même programme, la cohérence des attestations mérite le même niveau d'attention que celle des attestations URSSAF de conformité, traitée dans notre guide dédié, et s'inscrit dans la même logique que notre guide de vérification documentaire par secteur.

Ces contrôles ne remplacent jamais l'appel à l'assureur ni la consultation des registres officiels : ils permettent de prioriser les dossiers qui méritent cette vérification manuelle plutôt que de la réserver aux cas où un doute a déjà été repéré à l'œil nu. Pour évaluer les signaux de génération IA en complément de vos contrôles existants sur les attestations décennales, découvrez notre approche de détection des documents générés par IA, consultez notre page sécurité ou comparez nos offres.

Questions fréquemment posées

Comment savoir si une attestation d'assurance décennale est fausse ?

Vérifiez le numéro de police et le nom de l'assureur en appelant directement la compagnie via des coordonnées retrouvées de façon indépendante, jamais celles imprimées sur le document. Recoupez aussi le nom du courtier éventuel sur le registre ORIAS et l'agrément de l'assureur sur le registre de l'ACPR avant de valider un devis ou une signature d'acte.

Quelle différence entre attestation décennale et attestation dommages-ouvrage ?

L'attestation décennale prouve que le constructeur est assuré pour sa propre responsabilité, tandis que l'attestation dommages-ouvrage prouve que le maître d'ouvrage a souscrit une assurance qui préfinance les réparations sans attendre qu'un responsable soit désigné. Les deux documents sont exigés par des textes différents du Code des assurances et ne protègent pas les mêmes personnes.

Un notaire est-il responsable s'il valide un acte avec une fausse attestation décennale ?

Sa responsabilité peut être engagée s'il existait des éléments de nature à faire naître un doute et qu'il ne les a pas approfondis, par exemple en se contentant d'une simple photocopie non signée. Il n'est en revanche pas automatiquement fautif face à un document qui présentait, en apparence, toutes les caractéristiques d'une attestation authentique.

Que faire si l'assureur confirme que le contrat de l'artisan a été résilié ?

Suspendez immédiatement le chantier ou la signature tant qu'une nouvelle couverture n'a pas été produite et vérifiée de la même manière. Conservez une trace écrite de l'échange avec l'assureur, qui servira de preuve en cas de litige ultérieur ou de dépôt de plainte.

Le Fonds de garantie couvre-t-il une fausse attestation décennale ?

Non. Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages n'intervient plus, depuis 2018, en cas de défaillance d'un assureur de responsabilité décennale ; sa compétence est désormais limitée à l'assurance dommages-ouvrage du maître d'ouvrage. Une fausse attestation, ou une attestation authentique émise par un assureur qui disparaît ensuite, laisse donc le maître d'ouvrage sans ce filet de sécurité pour la garantie décennale elle-même.

Restez informé

Recevez nos analyses conformité et guides pratiques, directement dans votre boîte mail.

Prêt à automatiser vos vérifications ?

Pilote gratuit sur vos propres documents. Résultats en 48 h.