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Conservation des documents : obligations au Canada

Guide des obligations de conservation documentaire au Canada et au Québec. Délais légaux, archives numériques, Loi 25 et automatisation de la conformité.

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
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Toute compagnie établie au Canada doit conserver ses documents commerciaux pendant au minimum 6 ans conformément à la Loi de l'impôt sur le revenu du Canada et à la Loi sur les impôts du Québec. Le non-respect de ces délais expose à des sanctions pouvant atteindre des amendes significatives par infraction constatée et à l'impossibilité de faire valoir ses droits en cas de litige. Ce guide détaille les durées de conservation obligatoires par type de document et par secteur d'activité, les exigences d'archivage numérique et les interactions avec la Loi 25.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou réglementaire. Les références réglementaires sont exactes à la date de publication. Consultez un professionnel qualifié pour un accompagnement adapté à votre situation.

Le cadre légal canadien de la conservation documentaire

L'obligation de conservation documentaire au Canada repose sur plusieurs piliers législatifs : la Loi de l'impôt sur le revenu (fédéral), la Loi sur les impôts du Québec, le Code civil du Québec et les lois sectorielles.

Les textes fondateurs

La Loi de l'impôt sur le revenu du Canada, article 230 impose la conservation des livres et registres comptables pendant au moins 6 ans à compter de la fin de l'année d'imposition. Cette obligation couvre les factures, les bons de commande, les contrats commerciaux et les relevés bancaires.

La Loi sur les impôts du Québec impose des exigences similaires. Revenu Québec exige que les documents fiscaux soient conservés pendant 6 ans.

Le Code civil du Québec fixe le délai de prescription de droit commun à 3 ans (article 2925), mais certaines actions spécifiques s'étendent à 10 ans.

Tableau des durées de conservation par type de document

Type de document Durée de conservation Fondement légal
Livres comptables et pièces justificatives 6 ans minimum Loi de l'impôt sur le revenu, art. 230
Déclarations fiscales et justificatifs 6 ans Loi de l'impôt sur le revenu / Loi sur les impôts QC
Contrats commerciaux 6 ans après fin du contrat Code civil du Québec
Registres de paie (employeur) 6 ans Normes du travail
Documents de transport 6 ans Loi de l'impôt sur le revenu
Dossiers des employés 3 à 6 ans après départ Code du travail / CNESST
Polices d'assurance 3 ans après fin du contrat Code civil du Québec
Documents douaniers 6 ans Loi sur les douanes
Actes notariés Conservation permanente (notaire) Loi sur le notariat
Statuts constitutifs Durée de vie de la compagnie Loi sur les sociétés

Conservation documentaire par secteur d'activité

Secteur bancaire et financier

Les établissements financiers doivent conserver les pièces d'identification client (KYC) pendant 5 ans après la fin de la relation d'affaires, conformément à la LRPCFAT. Les opérations douteuses déclarées au CANAFE sont archivées pendant la même durée (CANAFE — Conservation des documents).

Secteur de la santé

Au Québec, les dossiers médicaux sont conservés selon les exigences des ordres professionnels et de la Loi sur les services de santé et les services sociaux.

Secteur de la construction

Les documents liés aux contrats publics et les attestations de la CCQ doivent être conservés pendant toute la durée des garanties applicables.

L'archivage numérique à valeur probante

Depuis la Loi concernant le cadre juridique des technologies de l'information du Québec (LCCJTI), un document technologique a la même valeur juridique qu'un document papier, à condition de respecter des exigences techniques strictes d'intégrité et de fiabilité.

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Conservation documentaire et Loi 25

La Loi 25 impose un principe de minimisation et de limitation de la durée de conservation des renseignements personnels. Cette exigence entre en tension directe avec les obligations légales de conservation documentaire. La conservation imposée par la loi constitue une base légale valide, mais il faut limiter l'accès aux documents archivés et supprimer les renseignements personnels dès l'expiration du délai légal (CAI — Loi 25).

Mettre en place une politique de conservation documentaire

Une politique de conservation efficace repose sur un inventaire exhaustif des types de documents, une matrice de durées légales et un système d'archivage conforme.

Les quatre étapes essentielles

Cartographier les documents. Lister tous les types de documents produits et reçus par la compagnie, par direction et par processus métier. Inclure les documents physiques et numériques, les courriels et les pièces jointes.

Définir les durées. Associer à chaque type de document la durée de conservation légale applicable, en tenant compte des spécificités sectorielles. Documenter les sources juridiques pour chaque durée.

Choisir les outils. Sélectionner un système d'archivage électronique conforme aux exigences de la LCCJTI pour les documents à valeur probante. Pour les documents courants, un système de gestion documentaire avec politique de rétention automatisée suffit.

Automatiser les purges. Mettre en place un processus automatisé de suppression des documents à l'expiration de leur durée de conservation. Documenter chaque suppression pour la traçabilité.

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Questions fréquemment posées

Combien de temps faut-il conserver les factures au Canada ?

Les factures doivent être conservées au minimum 6 ans à compter de la fin de l'année d'imposition (Loi de l'impôt sur le revenu, art. 230). L'ARC peut autoriser une destruction anticipée sur demande (ARC — Destruction des registres).

Un document numérisé a-t-il la même valeur juridique que l'original papier ?

Au Québec, oui, à condition que la numérisation respecte les exigences de la LCCJTI en matière d'intégrité du document. Le document numérique doit être une copie fidèle et durable de l'original.

Comment concilier la conservation légale des documents et la Loi 25 ?

La conservation imposée par la loi constitue une base légale valide. Il faut cependant limiter l'accès aux documents archivés aux seules personnes habilitées, restreindre les finalités de traitement et supprimer les renseignements personnels dès l'expiration du délai légal.

L'archivage numérique à valeur probante

La conservation papier n'est plus la seule option légale. Depuis l'adoption de la LCCJTI au Québec, un document technologique a la même valeur juridique qu'un document papier, à condition de respecter des exigences techniques strictes.

Le cadre québécois

La LCCJTI impose que le document technologique soit intègre, c'est-à-dire que l'information qu'il porte n'a pas été altérée et est maintenue dans son intégralité. L'intégrité est présumée lorsque le document est conservé sur un support qui assure la stabilité et la pérennité de l'information.

Le cadre fédéral

Au fédéral, la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) reconnaît la validité des documents électroniques. L'ARC accepte les documents électroniques à condition qu'ils soient lisibles, qu'ils puissent être liés aux documents sources, et qu'ils soient conservés de manière à pouvoir être produits lors d'un contrôle (ARC — Conservation des registres électroniques).

Les risques du non-respect des obligations de conservation

Sanctions fiscales

En cas de contrôle fiscal par l'ARC ou Revenu Québec, l'absence de pièces justificatives entraîne un refus des déductions demandées. L'administration fiscale peut alors établir une cotisation arbitraire, généralement à la hausse. Les pénalités peuvent atteindre 25 % du montant des impôts en sus.

Impossibilité de se défendre en justice

Sans les documents originaux ou leurs copies fidèles, la compagnie ne peut pas produire les preuves nécessaires à sa défense lors d'un litige commercial, de travail ou fiscal. Le Code civil du Québec (art. 2860) exige la production de l'original du document pour faire preuve, sauf si la copie respecte les conditions de la LCCJTI.

Non-conformité réglementaire (LBA/LAT)

Pour les entités déclarantes au sens de la LRPCFAT, l'absence de conservation des documents d'identification constitue un manquement passible de pénalités administratives du CANAFE. Les documents relatifs à la vérification d'identité, aux déclarations d'opérations douteuses et aux registres de transactions doivent être conservés 5 ans après la fin de la relation d'affaires. Le CANAFE vérifie systématiquement la conservation documentaire lors de ses examens de conformité.

Recommandations pratiques

Pour éviter ces risques, les compagnies devraient mettre en place un calendrier de conservation documentaire qui identifie, pour chaque catégorie de document, la durée de conservation applicable, le fondement légal, le mode de conservation (papier, numérique ou les deux) et la procédure de destruction sécurisée à l'expiration du délai. Ce calendrier doit être révisé annuellement pour intégrer les évolutions réglementaires.

La destruction des documents à l'expiration du délai de conservation est aussi importante que la conservation elle-même. La Loi 25 exige que les renseignements personnels soient détruits dès qu'ils ne sont plus nécessaires à la finalité pour laquelle ils ont été collectés. La conservation au-delà du délai légal constitue une infraction. Les systèmes automatisés de gestion documentaire permettent de programmer la destruction automatique à l'échéance, éliminant le risque d'oubli.

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Au niveau interprovincial, les obligations de conservation peuvent varier significativement. L'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique ont chacune leurs propres lois sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, avec des exigences de conservation qui s'ajoutent à celles du fédéral. Les compagnies opérant dans plusieurs provinces doivent se conformer à la juridiction la plus stricte pour chaque catégorie de document.


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique.

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