Skip to content
Cas clientTarifsSécuritéComparatifBlog

Europe

Americas

Oceania

Conformité9 min de lecture

Anti Money Laundering : guide complet de conformité

Tout comprendre sur l'anti money laundering (AML) au Canada : obligations LRPCFAT, CANAFE, AMF Québec

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
Illustration for Anti Money Laundering : guide complet de conformité — Conformité

Résumer cet article avec

L'anti money laundering (AML) — ou lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes — est un ensemble d'obligations légales auxquelles sont soumises les entreprises du secteur financier, immobilier, juridique et comptable au Canada. Ne pas s'y conformer expose à des sanctions pénales et administratives pouvant dépasser plusieurs millions de dollars canadiens.

Ce guide présente les exigences concrètes applicables au Québec et au Canada en mars 2026, les autorités compétentes, et les outils permettant de structurer un programme de conformité efficace.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou réglementaire.

Qu'est-ce que l'anti money laundering (AML) ?

L'anti money laundering désigne l'ensemble des lois, règlements et procédures visant à empêcher les criminels d'intégrer des fonds illicites dans le système financier légal. Au Canada, ce cadre est désigné par la LRPCFAT (Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes), appliquée par le CANAFE (Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada).

Le blanchiment de capitaux se déroule en trois phases distinctes :

  1. Placement : introduction des fonds illicites dans le système financier (dépôts fragmentés, achat d'actifs)
  2. Empilement (layering) : multiplication des transactions pour brouiller les pistes
  3. Intégration : réinjection des fonds dans l'économie légale sous apparence licite

En 2024-2025, le CANAFE a reçu plus de 36 millions de déclarations d'opérations financières, soit une hausse significative par rapport aux années précédentes (CANAFE — Rapport annuel). Cette progression traduit l'intensification des contrôles et l'élargissement du périmètre des entités assujetties, notamment aux entreprises de services monétaires et aux plateformes de monnaie virtuelle.

Le cadre réglementaire canadien AML

Le dispositif AML canadien repose sur la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (LRPCFAT) et ses règlements d'application. Il intègre les recommandations du GAFI (Groupe d'action financière) et fait l'objet d'évaluations mutuelles périodiques (LRPCFAT — laws-lois.justice.gc.ca).

Les autorités de supervision

Autorité Rôle Périmètre
CANAFE Unité de renseignement financier du Canada Réception et analyse des déclarations d'opérations
BSIF Bureau du surintendant des institutions financières Banques à charte fédérale, assurances fédérales
AMF Québec Autorité des marchés financiers du Québec Institutions financières, valeurs mobilières au Québec
Revenu Québec / ARC Administrations fiscales Fraude fiscale, conformité fiscale

En 2024, le CANAFE a prononcé des pénalités administratives pour un montant cumulé de plus de 3,5 millions de dollars canadiens, ciblant principalement les déclarations tardives ou absentes, les défaillances de vérification d'identité et les dossiers KYC non conformes (CANAFE — Pénalités).

Pour aller plus loin, consultez préparer et réussir un contrôle réglementaire.

Le cadre provincial québécois

Au Québec, l'AMF supervise les marchés financiers et les acteurs qui y participent. L'AMF Québec applique des exigences de conformité supplémentaires pour les courtiers, les conseillers en valeurs et les entreprises de services monétaires enregistrées au provincial. Les entreprises assujetties doivent se conformer à la fois aux exigences fédérales (LRPCFAT/CANAFE) et provinciales (AMF Québec).

Qui est assujetti aux obligations AML au Canada ?

Les entités déclarantes au Canada sont définies par la LRPCFAT et comprennent :

  • Les banques à charte et coopératives de crédit (dont les caisses Desjardins)
  • Les entreprises d'assurance-vie
  • Les courtiers en valeurs mobilières et gestionnaires de portefeuille
  • Les entreprises de services monétaires (ESM) et de monnaie virtuelle
  • Les comptables professionnels agréés (CPA)
  • Les notaires et avocats (pour certaines activités)
  • Les courtiers et agents immobiliers
  • Les négociants en métaux précieux et pierres précieuses
  • Les casinos

Les utilisateurs de forums spécialisés posent régulièrement cette question : mon entreprise de commerce en ligne est-elle concernée ? La réponse dépend du volume de transactions et des services proposés. Une plateforme de paiement ou un prestataire de services en monnaie virtuelle est systématiquement assujetti ; un simple vendeur en ligne ne l'est pas, sauf s'il agit comme intermédiaire financier.

Approfondir le sujet

Découvrez nos guides pratiques et ressources pour maîtriser la conformité documentaire.

Explorer nos guides

Les cinq piliers d'un programme AML conforme

1. La connaissance client (KYC/CDD)

La due diligence client (Customer Due Diligence — CDD) est l'obligation fondamentale. Elle implique de vérifier l'identité du client avant l'entrée en relation d'affaires et de manière continue.

La vérification comprend :

  • L'identification et la vérification de l'identité (permis de conduire, passeport canadien, carte RAMQ)
  • L'identification du bénéficiaire effectif (seuil : 25 % du capital ou des droits de vote)
  • La compréhension de l'objet et de la nature de la relation d'affaires

La due diligence renforcée (EDD) est obligatoire pour les personnes politiquement vulnérables (PPV), les clients situés dans des pays à risque élevé identifiés par le GAFI, et les relations d'affaires complexes (CANAFE — Directive sur la vérification d'identité).

Pour automatiser ces vérifications, des solutions comme CheckFile permettent de vérifier l'authenticité des pièces d'identité et d'extraire les données en temps réel, réduisant jusqu'à 80 % le temps de traitement des dossiers d'entrée en relation.

2. L'approche par les risques (Risk-Based Approach)

Les entités assujetties ne peuvent pas appliquer des procédures uniformes à tous les clients. La LRPCFAT impose une évaluation du risque individuel, tenant compte de critères tels que le pays de résidence, le secteur d'activité, le type de transaction et le profil du client.

Facteurs de risque élevé : client résidant dans un pays figurant sur la liste GAFI des juridictions sous surveillance, structure d'actionnariat opaque, activité économique génératrice de liquidités, transactions transfrontalières sans justification économique apparente.

3. La déclaration d'opérations suspectes au CANAFE

Toute entité assujettie doit déclarer au CANAFE, dans les 30 jours, toute opération sur laquelle elle dispose de motifs raisonnables de soupçonner qu'elle est liée au recyclage des produits de la criminalité ou au financement du terrorisme (CANAFE — Déclaration d'opérations douteuses).

Les déclarations de télévirements internationaux (plus de 10 000 CAD) et les déclarations d'opérations importantes en espèces sont également obligatoires.

4. La conservation des données

Les données d'identification et les documents justificatifs doivent être conservés pendant au moins cinq ans après la fin de la relation d'affaires. Les enregistrements des transactions sont également soumis à cette durée.

5. La formation des collaborateurs

La LRPCFAT exige des entités assujetties qu'elles forment leurs employés aux risques de blanchiment et aux procédures internes. Cette formation doit être documentée et actualisée régulièrement.

Des certifications reconnues comme le CAMS (Certified Anti-Money Laundering Specialist) ou les formations du CANAFE renforcent la crédibilité du programme de conformité.

Tableau récapitulatif des obligations principales

Obligation Base légale Délai/Fréquence
KYC avant entrée en relation LRPCFAT, art. 6 Avant tout service
Identification du bénéficiaire effectif LRPCFAT et règlements Seuil : 25 %
Déclaration d'opérations douteuses LRPCFAT, art. 7 Dans les 30 jours
Conservation des données LRPCFAT 5 ans minimum
Formation des collaborateurs LRPCFAT Annuelle recommandée
Examen bisannuel du programme LRPCFAT, règlements Tous les 2 ans

Les sanctions en cas de non-conformité

Les manquements aux obligations AML peuvent entraîner des sanctions administratives et pénales :

  • CANAFE : pénalités administratives pouvant atteindre 500 000 CAD par infraction pour les personnes morales (CANAFE — Pénalités administratives)
  • AMF Québec : sanctions disciplinaires et pécuniaires, suspension ou révocation d'inscription
  • Sanctions pénales : jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 2 000 000 CAD d'amende pour les infractions graves (article 75 de la LRPCFAT)

Les praticiens en conformité soulèvent souvent la question du coût de la conformité vs. coût de la non-conformité. Une étude interne sur les dossiers traités par CheckFile indique qu'une procédure KYC automatisée réduit le coût unitaire de vérification d'environ 65 % par rapport à un processus entièrement manuel — tout en améliorant la traçabilité documentaire.

L'automatisation du contrôle documentaire AML

Les plateformes modernes de vérification documentaire permettent d'industrialiser les contrôles KYC : vérification d'authenticité des documents d'identité (permis de conduire, passeport canadien, carte RAMQ), lecture OCR des données, détection des tentatives de falsification (deepfake, retouche numérique), consultation des listes de sanctions (OFAC, UE, ONU, liste canadienne).

L'automatisation de la validation documentaire est particulièrement utile pour les entités traitant de grands volumes d'entrées en relation, comme les coopératives de crédit, les plateformes de financement participatif ou les entreprises de services monétaires.

Pour une vue complète des obligations documentaires dans le cadre de la conformité, consultez notre guide de conformité documentaire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'anti money laundering (AML) en termes simples ?

L'AML désigne l'ensemble des règles et procédures qui empêchent les criminels de faire passer de l'argent illicite pour de l'argent propre. Au Canada, cela se traduit par des obligations de vérification de l'identité des clients, de surveillance des transactions et de signalement des activités suspectes au CANAFE.

Quelle est la différence entre AML et KYC ?

Le KYC (Know Your Customer) est une composante du programme AML. Il désigne spécifiquement les processus de vérification de l'identité du client à l'entrée en relation. L'AML est plus large : il englobe le KYC, la surveillance continue des transactions, la déclaration d'opérations douteuses et la formation des équipes.

Qui est responsable de la conformité AML dans une entreprise au Québec ?

La LRPCFAT impose la désignation d'un agent de conformité au sein de l'entreprise. Ce responsable est l'interlocuteur direct du CANAFE et supervise l'ensemble du programme de conformité, incluant les politiques, les procédures, la formation et les déclarations.

Combien de temps faut-il conserver les données KYC au Canada ?

La durée légale de conservation est d'au moins cinq ans après la fin de la relation d'affaires, conformément à la LRPCFAT. Au-delà, la conservation doit être justifiée par une obligation légale spécifique (contentieux, enquête judiciaire).

Le CANAFE change-t-il les obligations des entreprises québécoises en 2026 ?

Le CANAFE renforce régulièrement ses directives et ses exigences. En 2026, les obligations de déclaration pour les entreprises de monnaie virtuelle sont renforcées, et les exigences de vérification d'identité sont resserrées avec de nouvelles méthodes acceptées. Les entreprises québécoises doivent anticiper une convergence vers les pratiques les plus exigeantes à l'échelle fédérale.

Notre plateforme traite plus de 180 000 documents par mois avec une précision OCR de 98,7 % et un taux de détection de fraude de 94,8 %, réduisant le temps de traitement manuel de 83 %.

Restez informé

Recevez nos analyses conformité et guides pratiques, directement dans votre boîte mail.

Approfondir le sujet

Découvrez nos guides pratiques et ressources pour maîtriser la conformité documentaire.