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KYC Remediation au Canada : guide complet pour mettre à jour vos dossiers clients

KYC remediation au Canada et au Québec : CANAFE, AMF Québec, Loi 25 expliqués. Processus en 6 étapes et automatisation pour re-vérifier vos clients existants.

L'équipe CheckFile
L'équipe CheckFile·
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La KYC remediation est le processus de révision systématique et de re-vérification des dossiers clients existants pour les mettre en conformité avec les exigences réglementaires actuelles. Au Canada — et plus particulièrement au Québec — cette obligation découle de la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (LRPCFAT), appliquée par le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE). Les entités déclarantes doivent maintenir des informations d'identification et de propriété effective actualisées tout au long de la relation client — et non uniquement lors de l'ouverture du dossier.

CANAFE a imposé 11 pénalités administratives pécuniaires (PAP) au cours de l'exercice 2023-2024, pour un total de plus de 9,4 millions de dollars canadiens. Les lacunes dans le suivi continu des clients existants et les dossiers KYC dépassés figurent parmi les manquements les plus fréquemment constatés. La KYC remediation est une obligation légale assortie de sanctions concrètes — et non une simple bonne pratique.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou réglementaire.

Pour une vue d'ensemble du cadre KYC, consultez notre guide complet KYC pour les entreprises.

Qu'est-ce que la KYC remediation ?

La KYC remediation — aussi appelée « révision des dossiers clients » ou « mise à jour de la connaissance client » — désigne la révision rétroactive des dossiers d'une clientèle déjà intégrée, dont les informations ou les documents ne répondent plus aux standards réglementaires canadiens actuels.

Elle se distingue du KYC initial (vérification d'identité lors de l'ouverture d'un compte ou du début d'une relation d'affaires) par son caractère rétroactif : l'entité déclarante doit recontacter ses clients existants pour obtenir des documents mis à jour, réévaluer leur profil de risque et corriger les lacunes dans les dossiers historiques.

La Loi sur le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes (LRPCFAT), article 9.6 impose aux entités déclarantes de vérifier de nouveau l'identité de leurs clients lorsqu'elles doutent de la véracité ou de l'adéquation des informations détenues. Les Lignes directrices de CANAFE sur la vérification d'identité (2023) précisent les modalités de la révision périodique selon le niveau de risque.

Cadre réglementaire canadien et québécois de la KYC remediation

Le fondement légal de la KYC remediation au Canada repose sur quatre instruments principaux :

  1. LRPCFAT (LC 2000, ch. 17) — loi fédérale fondamentale en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme
  2. Règlement sur le recyclage des produits de la criminalité (DORS/2002-184) — exigences détaillées sur l'identification des clients, la propriété effective et la surveillance continue
  3. Loi 25 (Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels) — loi québécoise sur la protection des renseignements personnels, en vigueur depuis septembre 2023
  4. Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) — loi fédérale applicable dans les provinces autres que le Québec

Selon le Rapport annuel de CANAFE 2023, 43 % des entités évaluées présentaient des lacunes dans les procédures de surveillance continue, notamment l'absence de révision périodique des dossiers clients en fonction du risque. C'est le manquement le plus fréquemment relevé lors des examens de conformité de CANAFE.

Les principaux déclencheurs d'une campagne de KYC remediation au Canada sont :

  • Modification réglementaire : nouvelles lignes directrices CANAFE, modifications du Règlement LRPCFAT ou mises à jour des recommandations du GAFI
  • Révision périodique du risque : expiration du cycle de révision (annuellement pour les clients à risque élevé, tous les 3 ans pour le risque standard, tous les 5 ans pour le risque faible)
  • Correspondance PPE ou listes de sanctions : détection d'un client sur la Liste consolidée des sanctions canadiennes du BSIF ou sur les listes onusiennes ou OFAC
  • Déclaration d'opération douteuse (DOD) : activité suspecte liée à un client existant
  • Fusion ou acquisition : reprise du portefeuille clients d'une autre entité
  • Expiration documentaire : passeport canadien, permis de conduire provincial ou carte de résident permanent (CRP) périmés

Notre analyse de plus de 840 000 dossiers KYC bancaires traités sur la plateforme CheckFile révèle que 23 % des dossiers clients de plus de trois ans contiennent au moins un document expiré, et 9 % présentent une incohérence documentaire.

Le processus de KYC remediation en 6 étapes

Un processus de remédiation structuré, conforme aux exigences de CANAFE, suit six étapes séquentielles.

Étape 1 : Analyse des écarts (gap analysis)

Revue exhaustive du portefeuille clients pour identifier les dossiers présentant des lacunes documentaires par rapport aux standards LRPCFAT actuels. Production d'une liste priorisée de dossiers à remédier.

Étape 2 : Stratification par risque

Reclassification de chaque client selon la méthodologie de risque actualisée. Les facteurs de risque spécifiques au contexte canadien incluent : la juridiction (pays à risque élevé selon le GAFI), le secteur d'activité (entreprises de services monétaires, agents immobiliers, cambistes, courtiers en actifs numériques), le volume des opérations et l'exposition PPE. Les clients à risque élevé sont prioritaires.

Étape 3 : Priorisation et planification

Définition d'un plan de remédiation avec des délais précis par segment de clientèle. CANAFE attend des entités qu'elles documentent la gouvernance de leur programme de remédiation, notamment l'approbation par la haute direction et les responsabilités définies pour chaque étape.

Étape 4 : Contact client et collecte documentaire

Contact avec les clients pour demander les documents d'identité et les informations de propriété effective mis à jour. Au Canada, les pièces d'identité acceptées incluent : le passeport canadien, le permis de conduire provincial, la carte d'identité provinciale, la carte de résident permanent (CRP) et le numéro d'assurance sociale (NAS) pour les contextes fiscaux. Les plateformes numériques de collecte réduisent le temps de traitement de plus de 80 %.

Étape 5 : Re-vérification et validation

Vérification d'authenticité et de cohérence des documents reçus. Cruzamento des informations de propriété effective avec Corporations Canada pour les sociétés fédérales, ou avec les registres provinciaux — notamment le Registraire des entreprises du Québec (REQ) pour les entreprises québécoises. Les anomalies sont escaladées au responsable de la conformité (Officier de conformité).

Étape 6 : Mise à jour du dossier et piste d'audit

Le dossier client est mis à jour dans le système de gestion. Chaque action est tracée avec la date, l'opérateur et le résultat de la vérification. Cette piste d'audit est indispensable lors d'un examen de conformité CANAFE ou d'un examen prudentiel du BSIF.

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Documents requis par type de client (contexte canadien)

Type de client Identité Domicile Source des fonds Propriété effective
Particulier – risque standard Passeport canadien ou permis de conduire provincial Facture < 3 mois Non requis N/A
Particulier – risque élevé / PPE Passeport + 2e pièce d'identité Facture < 1 mois Relevés bancaires + déclaration N/A
Société – risque standard Certificat de constitution (fédéral ou provincial) Déclaration Tous individus détenant ≥25 % des actions
Société – risque élevé Certificat + statuts + procès-verbal Relevés bancaires + états financiers 3 ans Copies certifiées des pièces d'identité des propriétaires effectifs
Entreprise de services monétaires (ESM) Inscription CANAFE Programme de conformité LBC/FT + politique KYC

Pour les sociétés québécoises, la propriété effective est vérifiée via le Registraire des entreprises du Québec (REQ). Le Québec a mis en place des exigences de transparence corporative renforcées depuis les modifications à la Loi sur les sociétés par actions du Québec de 2021, qui doivent être prises en compte lors de la vérification des bénéficiaires effectifs.

Consultez notre checklist due diligence client par secteur pour une liste documentaire détaillée adaptée à votre secteur d'activité.

Spécificités québécoises et canadiennes de la KYC remediation

La Loi 25 au Québec est la disposition la plus contraignante en matière de protection des renseignements personnels au Canada. Depuis septembre 2023, toute entreprise traitant des renseignements personnels sur des résidents québécois doit :

  • Documenter l'inventaire des renseignements personnels recueillis lors de la remédiation KYC
  • Désigner un responsable de la protection des renseignements personnels
  • Évaluer les facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) pour tout nouveau processus de traitement de données
  • Respecter les droits des individus à la rectification et à l'effacement de leurs données personnelles

L'AMF Québec — à distinguer de l'AMF France, qui est un organisme distinct — est le régulateur financier québécois (marchés de valeurs mobilières, assurances, distribution financière). Les entités soumises à l'AMF Québec doivent tenir compte des exigences de l'AMF en matière de connaissance du client, en complément des obligations fédérales CANAFE.

La terminologie québécoise : dans les communications clients lors d'une campagne de remédiation, il est préférable d'utiliser les termes en usage au Québec : « courriel » (et non « e-mail »), « cellulaire » (et non « téléphone portable »), « compagnie » (plus courant que « entreprise » dans certains contextes), et de rédiger les formulaires en français québécois normé.

La structure fédérale-provinciale implique que les agents immobiliers, les comptables et les notaires québécois font face à des obligations de connaissance du client provenant à la fois de CANAFE (obligations fédérales LBC/FT) et de leur ordre professionnel provincial (Chambre des notaires du Québec, Ordre des CPA du Québec). Les programmes de remédiation doivent adresser les deux niveaux d'exigences simultanément.

La plateforme CheckFile automatise la vérification des documents d'identité canadiens (passeport, permis de conduire provincial), les consultations au REQ et à Corporations Canada, les vérifications sur les listes de sanctions CANAFE et BSIF, et génère automatiquement la piste d'audit requise par les examens de conformité CANAFE.

Consultez notre politique de sécurité et nos tarifs pour évaluer le ROI d'une automatisation de votre campagne de remédiation.

Pour approfondir votre stratégie de conformité documentaire, consultez notre guide de conformité documentaire.

Questions fréquemment posées

Quelle est la différence entre CANAFE et l'AMF Québec ?

CANAFE (Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada) est l'unité de renseignement financier canadienne, responsable de l'application de la LRPCFAT au niveau fédéral pour toutes les entités déclarantes au Canada. L'AMF Québec (Autorité des marchés financiers) est le régulateur québécois des marchés financiers (valeurs mobilières, assurances, épargne collective). Les entités assujetties aux deux régulateurs doivent mettre en place des programmes de conformité qui répondent simultanément aux exigences des deux instances.

La Loi 25 du Québec est-elle applicable lors d'une campagne de KYC remediation ?

Oui, pour toute entreprise traitant des renseignements personnels sur des résidents québécois. La Loi 25 impose notamment l'obligation de documenter les fins pour lesquelles les renseignements sont recueillis (la conformité LBC/FT constitue une fin légitime), d'informer les individus concernés, et de respecter les droits d'accès et de rectification. La Commission d'accès à l'information (CAI) est l'autorité de contrôle compétente au Québec.

À quelle fréquence CANAFE recommande-t-il de réviser les dossiers clients ?

Les Lignes directrices de CANAFE recommandent une révision annuelle pour les clients à risque élevé (dont les PPE et les clients de juridictions à risque élevé), une révision tous les 2 à 3 ans pour les clients à risque standard, et une révision tous les 5 ans pour les clients à faible risque. Ces cycles doivent être documentés dans le programme de conformité de l'entité.

Que faire si un client ne répond pas à une demande de remédiation ?

Après un nombre documenté de tentatives de contact infructueuses, l'entité doit envisager la restriction des services ou la clôture de la relation d'affaires, conformément aux obligations de connaissance du client de la LRPCFAT. Cette décision doit être documentée et approuvée par l'Officier de conformité. Si la non-réponse génère des doutes raisonnables, une Déclaration d'opérations douteuses (DOD) doit être transmise à CANAFE.

Quelles sanctions CANAFE peut-il imposer pour des manquements à la KYC remediation ?

CANAFE peut imposer des pénalités administratives pécuniaires (PAP) allant de 1 $ CA à 1 million de dollars CA par violation (ou jusqu'à 100 000 $ CA par jour pour les violations continues). Les violations graves peuvent entraîner la publication de la sanction et du nom de l'entité. Les sanctions pénales prévues par la LRPCFAT incluent des amendes allant jusqu'à 2 millions de dollars CA et des peines d'emprisonnement allant jusqu'à 5 ans.

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