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Archivage électronique en Belgique : obligations légales, bonnes pratiques et outils

Guide complet sur l'archivage électronique en Belgique : obligations légales FSMA/BNB, durées de conservation, normes techniques et meilleures pratiques pour les entreprises.

Antoine Verhoeven, Consultant en conformité réglementaire
Antoine Verhoeven, Consultant en conformité réglementaire·
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L'archivage électronique en Belgique repose sur un cadre juridique propre qui se distingue du droit français sur plusieurs points fondamentaux. Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique structurée est obligatoire pour toutes les transactions B2B entre assujettis TVA belges, ce qui place les exigences d'archivage au cœur des obligations opérationnelles de toute entreprise. Les secteurs financiers supervisés par la FSMA et la Banque nationale de Belgique (BNB) sont soumis à des exigences supplémentaires qui vont au-delà du cadre général.

Ce guide couvre le droit belge de l'archivage électronique, les durées légales de conservation, les exigences techniques applicables et les outils disponibles pour les entreprises belges.

Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou réglementaire.

Qu'est-ce que l'archivage électronique à valeur probante en Belgique ?

L'archivage électronique à valeur probante est le processus structuré garantissant l'intégrité, l'authenticité, la lisibilité et l'accessibilité des documents numériques pendant toute leur durée de conservation légale. Il se distingue fondamentalement du simple stockage cloud ou de la sauvegarde de fichiers.

Le Code de droit économique belge (Livre XII, Titre 2) confère aux documents électroniques archivés dans certaines conditions la même force probante qu'à un écrit sous signature privée. Un document conservé dans un espace de partage modifiable par des tiers ne satisfait pas à cette exigence, quelle que soit la qualité du fournisseur.

Le Digital Act du 21 juillet 2016, qui a introduit les services de confiance dans le droit belge, permet l'utilisation de plusieurs types de services qualifiés : signature électronique, cachet électronique, horodatage, envoi recommandé et archivage électronique. L'arrêté royal du 29 mars 2019 fixe les numéros de référence des normes applicables aux services d'archivage électronique qualifiés.

Conformément au règlement eIDAS (n°910/2014), transposé en droit belge, un service d'archivage électronique qualifié jouit d'une présomption légale de conformité aux exigences d'authenticité et d'intégrité.

Cadre légal belge : obligations de conservation

Textes fondamentaux

Les obligations d'archivage en Belgique découlent de plusieurs textes :

  • Code TVA belge, article 60 (modifié par la loi du 20 novembre 2022) : conservation de toutes les factures (émises et reçues) pendant 10 ans à compter du 1er janvier suivant la clôture de l'exercice
  • Code des sociétés et des associations (CSA) : conservation des livres et documents comptables pendant 7 ans
  • Code de droit économique, Livre XII : valeur probante des documents et services électroniques
  • Loi belge anti-blanchiment du 18 septembre 2017 (loi anti-blanchiment) : conservation des pièces justificatives pendant 10 ans après la fin de la relation d'affaires pour les entités assujetties
  • RGPD et loi du 30 juillet 2018 : durées de conservation des données personnelles

La facturation électronique B2B obligatoire depuis janvier 2026

Depuis le 1er janvier 2026, toutes les entreprises belges assujetties à la TVA doivent émettre et recevoir des factures électroniques structurées pour leurs transactions B2B nationales. Le réseau Peppol est le canal de référence. Les factures doivent être conformes à la norme EN 16931 pour avoir valeur légale dans les échanges B2B belges.

Cette obligation, préparée depuis la loi-programme du 27 décembre 2021, transforme profondément les exigences d'archivage : les factures doivent désormais être conservées dans leur format structuré originel (XML/UBL ou CII), et non seulement sous forme de PDF.

Type de document Durée légale de conservation Texte de référence
Factures (TVA) 10 ans Code TVA, art. 60
Documents comptables 7 ans CSA, art. 5:169
Contrats commerciaux 10 ans Code civil belge
Contrats de travail 5 ans après départ Code du travail belge
Documents anti-blanchiment 10 ans Loi anti-blanchiment 2017, art. 60
Actes notariés Illimité

Exigences sectorielles : FSMA et Banque nationale de Belgique

Obligations spécifiques au secteur financier

Les entreprises régulées par la FSMA (Autorité des services et marchés financiers) et la Banque nationale de Belgique (BNB) sont soumises à des obligations d'archivage qui s'ajoutent au cadre général :

FSMA : les sociétés de gestion de portefeuille, les intermédiaires d'assurance et les prestataires de services de paiement doivent conserver les enregistrements des communications avec les clients, les ordres et les transactions conformément aux circulaires FSMA. Pour les services MiFID II, la durée minimale est de cinq ans.

BNB : les établissements de crédit supervisés par la BNB doivent respecter les orientations EBA sur la gestion des risques liés aux technologies de l'information, qui imposent des exigences strictes en matière d'intégrité des données et de continuité des systèmes d'archivage.

Loi anti-blanchiment belge (2017) : toutes les entités assujetties — établissements de crédit, compagnies d'assurance, agents immobiliers, notaires, comptables, avocats — doivent conserver pendant 10 ans après la fin de la relation d'affaires :

  • l'ensemble des pièces justificatives de l'identification du client (CDD)
  • les registres des transactions effectuées
  • les correspondances liées aux déclarations de soupçon au CTIF (Cellule de traitement des informations financières)

À compter de janvier 2026, la FSMA a renforcé ses exigences de contrôle des procédures de conservation documentaire lors de ses inspections des intermédiaires financiers, en particulier sur la conformité au règlement eIDAS pour les dossiers clients numériques.

Exigences techniques pour un archivage électronique conforme

Un système d'archivage électronique conforme au droit belge doit garantir :

1. Intégrité et immuabilité : grâce à des mécanismes d'empreinte numérique (hash SHA-256) et d'horodatage qualifié, le document ne peut être altéré sans détection.

2. Authenticité : le système prouve l'origine du document et que le fichier correspond à l'original.

3. Pérennité : migration régulière vers des formats durables (PDF/A selon ISO 19005, XML structuré pour les factures), avec conservation des fichiers dans le support électronique originel reçu.

4. Accessibilité : l'article 60, §2 du Code TVA belge exige que l'administration fiscale puisse accéder en ligne, de manière complète et sans délai, aux données archivées. Les systèmes cloud sont autorisés, y compris hors du territoire belge, à condition que cet accès soit garanti.

Sur la plateforme CheckFile, 99,2 % des dossiers traités satisfont automatiquement aux critères d'audit de conformité documentaire, avec une traçabilité intégrale depuis la réception jusqu'à l'archivage (données internes CheckFile, mars 2026).

Archivage en dehors du territoire belge

La loi belge autorise explicitement le stockage des factures en dehors du territoire belge, y compris dans le cloud, sous deux conditions non négociables :

  1. L'administration fiscale belge doit pouvoir accéder aux données en ligne, de manière complète et immédiate
  2. L'entreprise doit être en mesure de garantir l'intégrité et l'authenticité des documents, quelle que soit leur localisation physique

Il n'est pas nécessaire d'obtenir une autorisation préalable du SPF Finances pour le stockage à l'étranger. En revanche, le responsable fiscal reste entièrement responsable en cas de défaillance du prestataire ou de perte de données.

Questions fréquentes des professionnels belges

Les responsables de conformité posent régulièrement deux questions : « Comment prouver l'intégrité de nos archives lors d'une inspection de la FSMA ou du SPF Finances ? » et « Notre solution cloud actuelle offre-t-elle suffisamment de garanties pour l'archivage fiscal à valeur probante en Belgique ? »

La première se répond par les journaux d'audit : un système conforme génère un log d'événements signé cryptographiquement, vérifiable par tout inspecteur. La seconde dépend de la réponse à une question préalable : le prestataire cloud peut-il démontrer que le fichier original n'a jamais été modifié depuis son entrée dans le système ? Sans signature numérique et horodatage qualifié, la réponse est non.

Bonnes pratiques pour les entreprises belges

Conserver les factures dans leur format originel structuré

Depuis l'obligation de facturation électronique B2B, les factures en format XML (UBL ou CII) doivent être conservées dans leur format structuré originel. La conversion en PDF sans conservation de l'XML originel contrevient aux exigences de l'article 60 du Code TVA.

Mettre en place une politique d'archivage documentée

La politique d'archivage doit définir : quels types de documents archiver, pour quelle durée, avec quels niveaux d'accès et selon quelles procédures de destruction sécurisée. Elle doit être approuvée par la direction et révisée annuellement.

Prévoir une couverture RGPD des archives

Le RGPD s'applique intégralement aux archives contenant des données personnelles. L'article 5(1)(e) impose une limitation de la durée de conservation. Pour les entités assujetties à la loi anti-blanchiment, la conservation de 10 ans constitue une obligation légale (base juridique : article 6(1)(c) RGPD) qui prévaut sur le droit à l'effacement.

La CNPD belge recommande de documenter dans le registre des traitements chaque catégorie d'archives, avec la base légale et la durée de conservation correspondante.

Pour aller plus loin sur la conservation des documents par type et par secteur, consultez notre article Obligations de conservation des documents par pays et secteur.

Outils disponibles pour les entreprises belges

Solution Usage principal Valeur probante Standard
Service d'archivage électronique qualifié (eIDAS) Archives à valeur probante Oui eIDAS qualifié
SAE certifié Archives d'entreprise long terme Oui ISO 14721
Coffre-fort numérique Digiposte/équivalent Documents personnels ou RH Oui eIDAS
Cloud générique Collaboration Non Aucune

Les prestataires de services de confiance qualifiés en Belgique sont listés sur la liste de confiance nationale belge (TSL), gérée par le Centre de Cybersécurité Belgique (CCB).

La vérification automatisée des documents permet d'intégrer l'archivage conforme directement dans les workflows de traitement documentaire. Une API d'archivage connectée au système d'information réduit les coûts de traitement de 67 % par rapport à une procédure manuelle (données internes CheckFile, mars 2026).

Pour en savoir plus sur la gestion documentaire conforme au RGPD, lisez notre article Archivage électronique : signature et vérification de documents.

Découvrez les offres CheckFile adaptées aux entreprises belges et les solutions de sécurité conformes aux exigences FSMA et BNB sur notre page sécurité.

Questions fréquentes

Quelle est la durée légale de conservation des factures en Belgique ?

Les factures doivent être conservées pendant 10 ans à compter du 1er janvier qui suit la clôture de l'exercice comptable concerné, conformément à l'article 60 du Code TVA belge (modifié par la loi du 20 novembre 2022). Cette durée s'applique aux factures papier et aux factures électroniques.

La facturation électronique est-elle obligatoire en Belgique en 2026 ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, toutes les transactions B2B entre entreprises belges assujetties à la TVA doivent être facturées via des factures électroniques structurées conformes à la norme EN 16931, principalement via le réseau Peppol.

Comment le CTIF intervient-il dans les obligations d'archivage anti-blanchiment ?

Le CTIF (Cellule de traitement des informations financières) est l'unité de renseignement financier belge. Les entités assujetties à la loi anti-blanchiment doivent conserver toutes les pièces liées à leurs déclarations de soupçon transmises au CTIF pendant 10 ans, dans des conditions permettant leur transmission immédiate en cas de demande de l'autorité.

Un stockage cloud situé hors de Belgique est-il autorisé ?

Oui, sous conditions. L'article 60, §2 du Code TVA belge autorise le stockage des factures à l'étranger, y compris dans le cloud, à condition que l'administration fiscale belge puisse accéder aux données en ligne, de manière complète et sans délai. Aucune autorisation préalable n'est requise.

Quelles sont les obligations d'archivage spécifiques aux entités régulées par la FSMA ?

Les entités régulées par la FSMA (intermédiaires d'assurance, sociétés de gestion, prestataires MiFID II) doivent conserver les enregistrements de communications clients, d'ordres et de transactions pendant au moins cinq ans, conformément aux circulaires FSMA et aux exigences MiFID II. Des durées plus longues peuvent s'appliquer selon le type de service.

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